Quels sont les dangers des SCPI ?

SCPI
Temps de lecture : 11 minutes
Quels sont les dangers des SCPI ?

En résumé

  • Perte en capital possible : la valeur des parts et les revenus peuvent baisser ; aucune garantie de rendement.
  • Liquidité non assurée : la revente peut prendre du temps, surtout en phase de marché tendue.
  • Rendement vs réalité : frais, fiscalité et vacance locative érodent le taux distribué affiché.
  • Comment sécuriser : horizon long (8–10 ans), diversification (secteurs/pays), sélection rigoureuse de la société de gestion (TOF, réserves, gouvernance).

Investissement en SCPI : les risques

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) attirent chaque année des milliers d’épargnants séduits par la perspective de revenus réguliers, d’une diversification accessible et de la simplicité d’un investissement immobilier clé en main. Contrairement à un achat de logement ou de bureau en direct, qui nécessite du temps, des connaissances techniques et une gestion active, les SCPI permettent d’investir dans la pierre sans avoir à se préoccuper de la recherche de locataires, de la maintenance des bâtiments ou des arbitrages patrimoniaux.

En acquérant des parts, l’investisseur devient copropriétaire d’un portefeuille constitué d’actifs variés tels que bureaux, commerces, locaux logistiques, établissements de santé ou d’éducation, hôtels ou immobilier géré. Ces actifs sont sélectionnés et administrés par une société de gestion agréée. La mutualisation donne accès à des biens souvent réservés aux investisseurs institutionnels et permet de bénéficier de l’expertise d’équipes spécialisées.

Ce modèle, situé à la croisée de l’immobilier et de la gestion d’actifs, présente de véritables atouts. Il offre une accessibilité financière plus large, un potentiel de rendement régulier, une diversification immédiate et une absence totale de contraintes opérationnelles pour l’investisseur. C’est ce qui explique l’essor continu de la pierre papier et l’intérêt croissant des épargnants, que ce soit pour compléter leurs revenus, préparer leur retraite ou renforcer la résilience de leur patrimoine.

Cependant, malgré ces avantages significatifs, les SCPI demeurent un placement immobilier soumis aux cycles économiques et aux dynamiques du marché professionnel. Comme tout investissement, elles comportent des risques qu’il est indispensable de connaître avant de se lancer. Comprendre ces risques, qu’il s’agisse d’une baisse de valeur, d’une fluctuation des revenus, d’une difficulté de revente ou d’aspects liés à la gestion et à la fiscalité, permet d’investir en conscience et d’éviter les mauvaises surprises.

  • Risque de marché

Le risque de marché est central pour les SCPI, car leur valeur dépend directement de celle de l’immobilier professionnel. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, que l’économie ralentit ou que la demande locative baisse, la valeur des actifs détenus recule, ce qui peut entraîner une baisse du prix des parts.

Selon l’ASPIM, 50% des SCPI en France ont enregistré une baisse de leur prix de part. Ce type de placement étant conçu pour le long terme, les effets de ces corrections peuvent s’étendre sur plusieurs années. Pour atténuer ce risque, il est recommandé de privilégier des SCPI bien diversifiées et reposant sur une stratégie solide, capable de s’adapter aux cycles économiques.

  • Risque locatif

Le risque locatif est central dans les Société Civile de Placement Immobilier (SCPI), car la rentabilité dépend directement des loyers perçus. Une vacance prolongée, des impayés ou des renégociations à la baisse peuvent entraîner une baisse des revenus distribués. Ce risque est plus important pour les SCPI peu diversifiées, où la défaillance d’un seul locataire peut peser lourdement sur la performance.

Pour le maîtriser, il est essentiel de surveiller le Taux d’Occupation Financier (TOF) : un TOF élevé (supérieur à 90 %) reflète une bonne santé locative, alors qu’un TOF en baisse peut signaler des fragilités. Enfin, la qualité et la diversification des locataires (secteurs, zones géographiques, durée des baux) sont des éléments clés pour assurer la stabilité des revenus dans le temps.

  • Risque de liquidité

Les SCPI sont des placements peu liquides, car elles ne sont pas cotées en bourse : vous ne pouvez donc pas revendre vos parts immédiatement. Si les demandes de retrait augmentent ou que la collecte ralentit, les délais de revente peuvent s’allonger et il peut être nécessaire d’accepter une décote sur le prix pour trouver un acheteur. Ce risque est particulièrement marqué pour les SCPI à capital fixe, dont les transactions passent par un marché secondaire entre investisseurs. Les SCPI à capital variable offrent plus de souplesse, mais ne sont pas totalement à l’abri de tensions sur la liquidité. C’est pourquoi ces placements doivent toujours être envisagés avec un horizon d’investissement long et une bonne anticipation de la revente.

  • Risque de gestion

La performance d’une Société Civile de Placement Immobilier (SCPI) dépend directement de la stratégie et des décisions de la société de gestion. Celle-ci choisit les actifs à acquérir, les éventuels arbitrages, la politique de distribution, le niveau d’endettement ou encore la réalisation de travaux et cessions. Une mauvaise stratégie ou une gestion trop passive peut nuire à la rentabilité et à la valeur du patrimoine. Il est donc essentiel de bien analyser l’expérience, la transparence et la gouvernance du gestionnaire avant d’investir, car une bonne gestion peut faire la différence entre une SCPI performante et une SCPI en difficulté.

  • Risque de frais et de fiscalité

Les SCPI comportent plusieurs frais structurels qui impactent directement le rendement net perçu par l’investisseur. Dès l’achat, les frais de souscription, souvent compris entre 6 % et 10 %, viennent diminuer le capital réellement investi. À cela s’ajoutent les frais de gestion annuels, prélevés sur les loyers encaissés (en moyenne autour de 8 à 10 %), ainsi que d’éventuels frais de cession lors de la revente des parts. Ces coûts, bien qu’intégrés au modèle économique des SCPI, réduisent mécaniquement la performance nette, surtout si l’investissement est conservé sur une durée trop courte.

En parallèle, la fiscalité peut peser lourdement. Les revenus générés par les SCPI sont considérés comme des revenus fonciers et soumis à l’impôt sur le revenu ainsi qu’aux prélèvements sociaux (17,2 %). Pour les contribuables dans une tranche marginale élevée, cela peut réduire le rendement net de manière significative. Par exemple, un rendement brut affiché à 5 % peut tomber autour de 2,5 à 3 % net après impôts. Des solutions existent pour optimiser la fiscalité, comme l’investissement via un contrat d’assurance-vie, la nue-propriété ou les SCPI européennes, mais elles doivent être anticipées et adaptées à chaque profil d’épargnant.

  • Risque de change et de taux

Les SCPI investissant à l’étranger offrent une diversification intéressante, mais elles sont exposées aux variations de devises. Si la monnaie locale se déprécie par rapport à l’euro (par exemple la livre sterling ou le franc suisse), le rendement net versé aux investisseurs peut diminuer, même si les actifs conservent de bonnes performances sur place.

En parallèle, un investissement financé à crédit introduit un risque de taux : une remontée des taux d’intérêt entraîne une hausse du coût de l’emprunt et donc une baisse de la rentabilité globale. Ces deux risques doivent être anticipés dans la stratégie d’investissement, notamment pour les placements de long terme, en veillant à bien calibrer son financement et à diversifier son portefeuille.

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Risque de perte en capital avec les SCPI

Le capital n’est pas garanti. Deux canaux principaux :

  1. Valeur des parts : en cas de baisse des marchés immobiliers ou de hausse des taux, la valeur de reconstitution peut reculer et amener à une décote puis à une baisse du prix de part.
  2. Revenus distribués : la SCPI distribue les loyers encaissés, net des charges. Une vacance ou des renégociations pèsent sur le taux de distribution et donc sur le cash-flow perçu.

Comment jauger : suivez l’historique de taux d’occupation financier (TOF), le report à nouveau (réserves), la stabilité des distributions, la qualité des locataires et des baux (durée, indexation, garanties).

IndicateurCe qu'il révèleCible idéale
TOF (Taux d'Occupation Financier)Capacité à louer le parc.> 90%
Report à Nouveau (RAN)Réserves de sécurité pour maintenir le dividende.Plusieurs mois de distribution
WALB (Durée ferme des baux)Visibilité sur les loyers futurs.> 5 ans
LTV (Endettement)Niveau de risque financier de la SCPI.< 40%

Liquidité et difficulté de revente : un piège des SCPI ?

Les SCPI ne sont pas cotées en bourse, ce qui signifie qu’il n’existe aucun marché instantané pour revendre ses parts. Contrairement à une action que l’on peut céder en quelques secondes, la revente dépend ici du déséquilibre entre offre et demande et du mode de fonctionnement de la SCPI.

  • Capital variable : la société de gestion organise les retraits. Si les souscriptions sont suffisantes, la sortie est fluide. En revanche, en cas de tension, des files d’attente peuvent se former et retarder la revente.
  • Capital fixe : les transactions passent par un marché secondaire entre investisseurs. La vente peut être plus lente, car il faut trouver une contrepartie et un prix d’équilibre.

En période de ralentissement économique, les retraits augmentent et les délais de revente s’allongent. Ce risque de liquidité implique de les envisager comme un placement à long terme et d’anticiper son horizon d’investissement pour éviter de vendre dans de mauvaises conditions.

Bon réflexe : investissez avec un horizon de 8–10 ans, gardez une trésorerie pour éviter de vendre dans un moment défavorable, et diversifiez entre plusieurs SCPI et thématiques.

SCPI et rendement : promesses vs réalités

Un taux de distribution attractif ne doit pas occulter la réalité des charges structurelles et fiscales grevant la performance nette. Si certaines SCPI affichent une absence de frais d'entrée, la norme du marché reste comprise entre 6 % et 10 %, imposant un amortissement sur le temps long. Au-delà des frais de gestion prélevés sur les loyers, l'investisseur doit intégrer la pression fiscale (souvent significative en détention directe) ainsi que les provisions pour travaux (CAPEX) et les risques de vacance locative. Une analyse rigoureuse impose donc de privilégier le rendement net de frais et de fiscalité, seul indicateur pertinent d’une création de valeur pérenne.

SCPI face aux crises économiques : un investissement sûr ?

Aucun véhicule de placement immobilier n’est totalement immunisé contre les turbulences économiques. Les cycles récents (2022-2024) ont servi de test de résistance majeur, révélant la sensibilité des SCPI à la remontée brutale des taux d'intérêt et aux mutations structurelles des usages.

Le défi persistant de l'immobilier de bureaux en 2025

Si certains secteurs entrevoient une stabilisation, le segment des bureaux continue de rencontrer des difficultés marquées en 2025. Entre la généralisation du télétravail et l’exigence accrue de performance énergétique, de nombreux actifs obsolètes subissent des décotes importantes. Les SCPI fortement exposées au bureau doivent aujourd'hui arbitrer leur parc de façon drastique ou engager des investissements lourds pour maintenir leur attractivité locative.

✅ Les segments de résilience

Malgré ce contexte, plusieurs thématiques se distinguent par leur capacité de résistance :

  • Logistique et locaux d’activités : Portés par l'essor de l'e-commerce et les besoins de relocalisation industrielle.
  • Santé et éducation : Des secteurs acycliques bénéficiant de tendances démographiques lourdes et d'une demande constante.
  • Commerces de proximité : Les actifs bien situés en centre-ville bénéficient de la résilience de la consommation locale.
  • Bureaux "Prime" et ESG : Seuls les actifs répondant aux plus hauts standards environnementaux et situés dans les quartiers d'affaires centraux conservent une dynamique de loyers positive.

Comment limiter les dangers liés à l’investissement en SCPI ?

L'investissement en "pierre-papier" ne doit pas être passif. Pour neutraliser les zones de fragilité et renforcer la résilience de votre patrimoine, voici les six leviers stratégiques à actionner :

1. Horizon de placement et liquidité

L'immobilier est une classe d'actifs dont les cycles sont longs.

  • Temporalité : Maintenez un horizon d'investissement de 8 à 10 ans au minimum. Cette durée est indispensable pour amortir les frais de souscription et lisser les fluctuations de valorisation des parts.
  • Trésorerie d'appoint : Ne placez jamais l'intégralité de votre épargne. Conservez une poche de liquidité (livrets, fonds euros) pour pallier les imprévus et éviter une revente forcée dans des conditions de marché défavorables.

2. Diversification multi sectorielle et géographique

La concentration est l'ennemi de la sécurité en SCPI.

  • Architecture de portefeuille : Répartissez votre capital sur 3 à 5 véhicules complémentaires.
  • Mix thématique : Combinez des secteurs résilients (santé, éducation) avec des secteurs de croissance (logistique, bureaux "prime" ESG) et diversifiez géographiquement (France, Allemagne, Europe du Sud) pour diluer les risques fiscaux et économiques locaux.

3. Audit rigoureux des sociétés de gestion

La qualité de la signature du gérant est votre première garantie.

  • Indicateurs de santé : Priorisez les SCPI affichant une capitalisation solide, un Report à Nouveau (RAN) confortable (réserves de distribution) et une valeur de reconstitution proche ou supérieure au prix de part.
  • Gouvernance : Privilégiez les maisons de gestion ayant une expérience éprouvée des cycles baissiers et une transparence totale sur leurs frais.

4. Suivi actif des indicateurs de performance

La surveillance de votre investissement doit être annuelle.

  • Le Taux d’Occupation Financier (TOF) : Un TOF stable au-dessus de 90 % est le signe d'une gestion locative efficace.
  • Le levier financier : Surveillez le ratio d’endettement (LTV) de la SCPI. Un recours excessif au crédit par le gérant peut devenir un fardeau en cas de remontée des taux.

5. Optimisation de l'enveloppe fiscale

Le rendement brut est une illusion ; seul le rendement net compte.

  • Choix du véhicule : Arbitrez entre la détention directe, l’assurance-vie (pour la liquidité et la fiscalité simplifiée) ou le démembrement de propriété (achat de la nue-propriété pour éviter d'augmenter votre impôt sur le revenu pendant la phase de capitalisation).

6. Usage prudent du levier du crédit

Si l'emprunt permet de démultiplier votre capacité d'investissement, il augmente aussi votre profil de risque.

  • Capacité de remboursement : Assurez-vous que l'effort d'épargne reste supportable même en cas de baisse temporaire des dividendes ou de hausse des taux d'intérêt.

L'essentiel : Une stratégie construite sur la durée, articulée autour d'une sélection rigoureuse des actifs et d'une diversification réelle, constitue le rempart le plus efficace contre la volatilité du marché immobilier.

Conclusion : Les SCPI, un danger à relativiser ?

Les SCPI présentent à la fois des atouts réels, diversification, gestion déléguée, accessibilité,et des risques concrets, perte en capital, liquidité limitée, sensibilité aux cycles économiques. Ce n’est ni un produit miracle, ni un placement à fuir : c’est un outil patrimonial à utiliser avec discernement.

En adoptant une sélection rigoureuse des SCPI, une diversification sectorielle et géographique et un horizon d’investissement suffisamment long, il est possible de construire une stratégie solide, capable de générer un couple rendement/risque cohérent avec vos objectifs patrimoniaux.

FAQ

Est-ce le moment d’investir en SCPI ?

Cela dépend de votre horizon (8–10 ans), de votre profil de risque et de la sélection des SCPI. Les phases de marché post-ajustement offrent parfois de meilleurs points d’entrée, à condition de viser le long terme.

Quels sont les principaux risques des SCPI ?

Perte en capital, baisse des revenus, liquidité non garantie, frais, fiscalité, risques locatifs et de marché, change (SCPI européennes).

Combien investir en SCPI ?

Adaptez votre ticket à votre épargne de précaution et à votre diversification globale. Beaucoup d’investisseurs débutent entre 5 000 et 20 000 €, puis renforcent progressivement.

Peut-on perdre de l’argent avec une SCPI ?

Oui. Ni le capital, ni le rendement ne sont garantis. La valeur des parts et les revenus peuvent baisser.

SCPI : comment ça marche ?

Vous achetez des parts d’une société qui détient des immobiliers loués. Vous percevez potentiellement des revenus (dividendes) proportionnels à votre nombre de parts, net des frais et charges.

SCPI ou assurance-vie ?

La détention en assurance-vie peut adoucir la fiscalité et faciliter la liquidité au sein du contrat, mais comporte ses propres frais/contraintes. Comparez selon votre situation.

Capital variable ou capital fixe ?

Au capital variable, les souscriptions/rachats sont traités par la société de gestion (selon l’offre/demande). Au capital fixe, revente sur marché secondaire : parfois plus lent, mais avec un prix d’équilibre.

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  • Hugues De la Tousche