Jeudi 24 octobre, Quentin Romet, président d’Homunity, était l’invité d’Alexandra Boquillon de MaTVImmo pour sa chronique « 3 Questions à… ».

La notion de financement participatif est en réalité très ancienne puisque la première opération avérée de crowdfunding est l’achèvement de la Statue de la Liberté. Le principe est simple, il s’agit de financer des projets par un grand nombre de personnes (particuliers, entreprises…). Depuis plus d’une dizaine d’années, le crowdfunding s’est énormément développé et s’est démocratisé. On a donc assisté à une diversification de l’offre proposée par les plateformes ainsi qu’une spécialisation de ces dernières sur des secteurs particuliers, comme le crowdfunding immobilier. En fonction du mode opératoire de financement des projets, différents types de crowdfunding doivent être distingués comme le crowdfunding, le crowdlending ou encore le crowdequity. Quelle est alors la différence entre crowdlending et crowdfunding ?

Le crowdlending se traduit comme une forme de prêt aux PME-TPE avec une rétribution mensuelle (intérêts). Il permet d’aider une entreprise de taille modeste à atteindre ses objectifs. Le crowdfunding, quant à lui, a plus une connotation « investissement » et sa rétribution peut également prendre différentes formes, la plus courante étant la souscription à des titres financiers (obligations le plus souvent mais également actions). Ce sont donc deux métiers similaires dans le but final (financer des porteurs de projets) mais qui diffèrent d’un point de vue business model et réglementations. En effet, les plateformes de crowdlending et de crowdfunding ne sont pas soumises au même statut. Les premières étant CIF et les secondes étant CIP. De plus, alors que le crowdfunding vient en complément des banques dans le financement des acteurs (immobiliers ou autre), le crowdlending, lui, a plus vocation à les remplacer. Les délais d’octroi des crédits via une plateforme de crowdlending étant plus rapides que via un acteur bancaire traditionnel, cette solution de prêt aux entreprises a séduit un grand nombre de sociétés en développement.

Si l’on prend l’exemple du crowdfunding immobilier, l’avantage principal est le coût représenté pour le promoteur par rapport à des acteurs traditionnels qui entrent plus tôt au tour de table. En effet, dans ce cas-là la marge du promoteur est généralement divisée en deux avec le partenaire financier. Le crowdfunding représente donc un coût d’intervention trois à quatre fois moins cher. Côté crowdlending, la rapidité de collecte et la capacité d’accompagnement des jeunes sociétés dans leur démarrage est l’avantage premier. Dans les deux systèmes, l’inconvénient serait le taux de sélection des dossiers qui reste faible en raison d’une vigilance importante quant à la qualité des projets et des opérateurs. Des critères sont mis en place comme l’obligation des trois bilans validés en crowdlending ou encore l’historique de promotion en crowdfunding immobilier.

Il est important de garder à l’esprit que le financement participatif immobilier ne concurrence pas la banque ; il n’a pas le même rôle dans le financement d’un acteur ou d’un projet. Le crowdfunding immobilier vient vraiment au niveau des fonds propres et de l’équity du porteur de projet. Il est en complément du crédit bancaire. Il y a toujours un accompagnement bancaire exigé sur les projets financés via Homunity sauf cas exceptionnel en fonction du type d’opération ou de la garantie financière du promoteur.

En conclusion, le crowdfunding, dans sa dénomination large et sous toutes ses formes, attire de plus en plus les investisseurs et les porteurs de projets car il permet d’apporter des solutions de diversifications et une façon de s’émanciper des circuits traditionnels de financement.

Retrouvez le détail des réponses de Quentin Romet en cliquant ici !