S'il connaît un développement fulgurant en France, le phénomène du crowdfunding immobilier n'est bien sûr pas limité à l'Hexagone. Dans de nombreux autres pays du monde, les promoteurs ont de plus en plus recours à ce mode de financement alternatif et particulièrement séduisant.        


Les États-Unis : premier marché mondial du crowdfunding immobilier


Comme bien d'autres innovations avant lui, le crowdfunding immobilier a vu le jour outre-Atlantique. Durablement secoués par la crise des subprimes, les établissements bancaires ont restreint de façon considérable l'accès au crédit des promoteurs et des autres professionnels de l'immobilier. Ces derniers se sont alors progressivement tournés vers le mécanisme du financement participatif ou « crowdfunding », à la fois pour augmenter la part de fonds propres dans leurs opérations et diversifier leurs sources de financement. 

Un temps confidentiel, le crowdfunding immobilier a connu une montée en puissance fulgurante aux États-Unis avec l'entrée en vigueur du « Jobs Act » (Jumpstart Our Business Startups Act) en 2012. En 2016, les restrictions relatives au profil des investisseurs ont été levées. Plus besoin désormais de déclarer au moins 200 000 $ de revenus par an : tous les petits épargnants peuvent maintenant s'essayer au financement de projets immobiliers !


Quelques chiffres clés           
- On comptait environ 130 plateformes actives de crowdfunding immobilier aux États-Unis en 2016.      
- Elles ont collecté, cette année-là, un total de 3,5 milliards de dollars. Un montant en hausse de 40 % par rapport à 2015.  

 

Un engouement qui gagne tout le monde anglo-saxon


Le premier marché européen du crowdfunding immobilier n'est pas situé sur le continent, et il est britannique ! Avec plus de deux milliards de livres sterling collectées par des plateformes spécialisées en 2016, le Royaume-Uni s'impose en effet comme le paradis des promoteurs et des investisseurs en quête d'un rendement bonifié pour leur épargne. Deux acteurs majeurs se partagent le pays, avec d'une part House Crowd et d'autre part Property Partner.             

Mais de nombreuses plateformes spécialisées et plus petites permettent aussi d'accéder à une diversité inégalée de promoteurs et de projets : surfaces commerciales, résidences étudiantes, logements de vacances, lotissements classiques, copropriétés, voire investissement locatif (buy to let)... Tout est envisageable pour l'épargnant ayant envie de sortir des sentiers battus. Seule limite : il est interdit aux Britanniques d'allouer au crowdfunding plus de 10 % de leur patrimoine.       

Le même dynamisme se retrouve au Canada ou encore en Australie, via des plateformes comme NexusCrowd.com, Sharestates.com et bien d'autres encore.           
 

Allemagne : un intérêt croissant pour le crowdfunding immobilier


Sans atteindre le niveau de développement des plateformes en France - troisième marché mondial du crowdfunding immobilier - l'Allemagne ne connaît pas moins une montée en puissance exponentielle de ces supports d'investissement d'un nouveau genre. Attirés par des rendements sans commune mesure avec les placements plus traditionnels et à capital garanti, les épargnants allemands prennent peu à peu confiance : les sommes collectées outre-Rhin ont atteint seulement 20 millions d'euros en 2015, puis 40 millions en 2016 : un montant qui a ensuite quasiment triplé l'année suivante !  

La tendance devrait se poursuivre dans les années à venir, sachant que le marché allemand n'a connu aucun incident de financement jusqu'à présent et que 76 % des crowdfunders interrogées disent être prêts à renouveler ce type de placements, selon une étude Exploro réalisée en avril 2017.        
 

Et ailleurs ?


Dans le reste de l'Europe, le crowdfunding commence aussi à entrer dans les mœurs et à devenir une option d'investissement familière pour les petits et gros épargnants. Au Portugal, les plateformes généralistes Raize et Seedrs ont vu le jour en 2014 et prospèrent grâce à des conditions fiscales favorables et à une réglementation souple, qui permet à chaque investisseur de placer jusqu'à 3 000 € par projet et 10 000 € au total par an. La Belgique, les Pays-Bas, l'Espagne ou encore l'Italie sont d'autres pays où le marché du crowdfunding, encore embryonnaire, connaît cependant une évolution marquée depuis quelques années.           

Le crowdfunding immobilier, une spécificité française ? Bien loin de là ! Les plateformes spécialisées dans le financement participatif des promoteurs immobiliers ont vu le jour dans un bon nombre de pays voisins, et tendent à normaliser de plus en plus ce mode d'investissement.